Vos revenus de cam sont imposables en France dès le premier euro, même quand la plateforme est à l’étranger et qu’elle ne vous envoie aucun document.
Le statut le plus courant est la micro-entreprise en BNC : 25,6 % de cotisations sur le chiffre d’affaires en 2026, et un abattement de 34 % pour l’impôt sur le revenu.
Un compte Paxum, CosmoPayment ou un compte crypto à l’étranger se déclare chaque année : 1 500 € d’amende par compte oublié.
Cette page donne des informations générales, à jour des règles 2026, pour les modèles qui résident en France. Ce ne sont ni des conseils fiscaux ni des conseils juridiques, et les montants changent presque chaque année. Faites valider votre situation par un comptable avant de déclarer.
Les plateformes de cam ne font pas la partie légale à votre place. Elles vous versent de l’argent, et c’est à vous de déclarer ce que vous gagnez, de payer vos cotisations et vos impôts.
Le fait que Chaturbate, Stripchat ou LiveJasmin soient installés à l’étranger ne change rien : si vous vivez en France, vos revenus y sont imposables.
Voici le cadre, les chiffres actuels, et les points à faire trancher par un comptable.
Si vous découvrez la cam, notre guide complet pour bien débuter dans la cam couvre les bases avant les démarches.
Quel statut pour faire de la cam en France
Dans la quasi-totalité des cas, vous êtes travailleuse indépendante. Le statut le plus simple pour démarrer est la micro-entreprise, aussi appelée auto-entreprise.
Votre activité est une prestation de services qui relève des BNC (bénéfices non commerciaux), comme une profession libérale non réglementée. Aucun diplôme ni autorisation n’est demandé, et l’immatriculation se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises.
Une société (EURL, SASU) ne devient intéressante qu’avec des revenus élevés ou de grosses charges, et elle demande une vraie comptabilité. C’est une discussion à avoir avec un comptable, pas un choix à faire le premier mois.
Les chiffres 2026
Les chiffres à retenir pour 2026, en micro-entreprise avec une activité en BNC :
Le plafond de chiffre d’affaires est de 83 600 €.
Les cotisations sociales représentent 25,6 % du chiffre d’affaires depuis le 1er janvier 2026.
Pour l’impôt sur le revenu, un abattement de 34 % s’applique automatiquement.
La franchise de TVA court jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires, et 41 250 € en cours d’année.
Le versement libératoire de l’impôt, sur option, coûte 2,2 % du chiffre d’affaires.
Ces montants viennent de l’Urssaf et de service-public.fr. Le taux de cotisations des BNC augmente par paliers depuis 2024 : il est passé de 24,6 % en 2025 à 25,6 % au 1er janvier 2026.
Brut ou net : ce que vous déclarez
Vous déclarez ce que la plateforme vous verse, pas ce que les spectateurs ont dépensé. La commission du site est prélevée avant de vous payer : elle ne fait jamais partie de votre chiffre d’affaires.
Concrètement, si un spectateur dépense 100 $ et que la plateforme vous en reverse 50 $, c’est 50 $ que vous déclarez, convertis en euros au moment de l’encaissement.
Gardez quand même les relevés de la plateforme, qui montrent le montant brut et la commission retenue : c’est ce qui justifie l’écart si l’administration vous le demande un jour.
Les cotisations sociales et l’Urssaf
En micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d’affaires encaissé chaque mois ou chaque trimestre sur autoentrepreneur.urssaf.fr, et les cotisations sont calculées dessus : 25,6 % en 2026 pour une activité en BNC.
Pas de revenus sur la période ? Vous ne payez rien, mais la déclaration à zéro reste obligatoire.
Deux coups de pouce au démarrage. L’Acre réduit vos cotisations jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début de votre activité : 25 % de réduction pour les créations à partir du 1er juillet 2026, contre 50 % avant cette date. Et la cotisation foncière des entreprises ne se paie pas l’année de la création, avec une base réduite de moitié l’année suivante.
L’impôt sur le revenu
En micro-BNC, l’administration applique un abattement de 34 % sur votre chiffre d’affaires : les 66 % restants s’ajoutent aux revenus de votre foyer et sont imposés au barème. Vous déclarez votre chiffre d’affaires sur le formulaire 2042-C-PRO, avec votre déclaration de revenus annuelle.
Il existe une option plus simple, le versement libératoire : 2,2 % du chiffre d’affaires payés en même temps que vos cotisations, et l’impôt est réglé. Elle n’est ouverte que si le revenu fiscal de référence de votre foyer en N-2 ne dépasse pas 29 579 € pour une personne seule, et elle se demande à l’Urssaf.
Faites le calcul dans les deux sens avant de choisir : selon vos autres revenus, l’une ou l’autre option peut vous coûter plus cher.
La TVA
En dessous de 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente, vous êtes en franchise de TVA : vous n’en facturez pas et vous n’en récupérez pas. En cours d’année, la franchise tombe dès que vous dépassez 41 250 €.
Vous avez peut-être lu qu’un seuil unique de 25 000 € arrivait : cette mesure a été suspendue puis abandonnée. Ce sont bien les seuils ci-dessus qui s’appliquent.
Et au-delà de ces seuils, une bonne nouvelle : une prestation facturée à une entreprise n’est pas soumise à la TVA française. Entre professionnels, la TVA est due dans le pays du client, pas dans le vôtre. Dépasser la franchise ne veut donc pas dire facturer 20 % de TVA à Chaturbate.
Ce qui change, ce sont les formalités, et elles dépendent du pays où la plateforme est établie, indiqué dans ses mentions légales :
Plateforme hors de l’Union européenne, comme la plupart des sites américains : vous facturez sans TVA, avec la mention « TVA non applicable, art. 259-1 du CGI ».
Plateforme établie dans l’UE : vous facturez sans TVA avec la mention « autoliquidation », et c’est la plateforme qui déclare la taxe chez elle. Il vous faut alors un numéro de TVA intracommunautaire, et une déclaration européenne de services à déposer dans les dix jours suivant le mois concerné. Cette obligation existe même en franchise de TVA.
C’est le genre de détail qui se vérifie une fois, au moment où vous approchez du seuil, avec un comptable et les mentions légales de vos plateformes sous les yeux.
Vos comptes à l’étranger : Paxum, CosmoPayment, crypto
C’est l’obligation que presque personne ne connaît, et elle coûte cher.
Un compte ouvert hors de France, y compris un portefeuille électronique comme Paxum ou CosmoPayment, et un compte d’actifs numériques chez un prestataire étranger, doivent être déclarés chaque année avec votre déclaration de revenus, via le formulaire 3916-3916 bis.
L’amende est de 1 500 € par compte non déclaré, portée à 10 000 € si le compte est dans un pays sans convention d’assistance avec la France. Pour les comptes d’actifs numériques, elle est de 750 € par compte ou 125 € par omission, montants doublés si la valeur du compte a dépassé 50 000 € dans l’année.
Déclarer un compte ne veut pas dire payer un impôt dessus : c’est une formalité, et elle vous évite une sanction sans aucun rapport avec vos revenus.
Micro-entreprise ou régime réel : la question qui compte quand vous investissez
En micro-entreprise, l’abattement de 34 % remplace toutes vos charges. Vous ne déduisez ni la webcam, ni l’éclairage, ni les sextoys, ni les commissions des plateformes : l’abattement est censé tout couvrir.
Si vos charges réelles dépassent 34 % de votre chiffre d’affaires, par exemple une année où vous investissez dans un studio complet, un autre régime peut être plus intéressant. On parle alors de déclaration contrôlée, en BNC au réel, ou d’une société. En revanche, un statut autre que celui d’auto-entrepreneur nécessite souvent un comptable, qui vous coûtera en moyenne autour de 100 € par mois.
Avant de changer de statut, regardez ce que vous gagnez réellement : le régime d’entreprise se choisit sur des chiffres, pas sur une intuition.
F.A.Q
Faut-il déclarer si je gagne seulement quelques centaines d’euros ?
Oui. Il n’existe pas de seuil de tolérance : dès le premier euro encaissé, l’activité doit être déclarée et les revenus suivis. Un petit chiffre d’affaires veut simplement dire de petites cotisations, et une déclaration à zéro les mois sans revenus.
Les plateformes transmettent-elles mes revenus au fisc français ?
Certaines y sont tenues, dans le cadre des obligations de déclaration des plateformes en Europe. D’autres, installées hors d’Europe, ne transmettent rien du tout.
Dans les deux cas, votre obligation ne change pas : c’est à vous de déclarer. Et l’absence de document envoyé par la plateforme ne constitue pas une preuve que rien n’est dû.
Mon nom de scène peut-il remplacer mon vrai nom ?
Pas vis-à-vis de l’administration : votre immatriculation, vos déclarations et votre compte Urssaf sont à votre nom civil. Un nom commercial peut exister en plus, pour le public.
Les plateformes, elles, exigent une pièce d’identité et la conservent. C’est leur conformité à elles, pas la vôtre. Pour tout ce qui touche à votre identité en ligne, voyez notre guide sur l’anonymat en tant que cam girl.
Et les obligations de type 2257 ?
Le 2257 est une obligation du droit américain, qui pèse sur les producteurs et les plateformes, pas sur une modèle qui vit en France. Ce que vous rencontrerez concrètement, ce sont les règles des plateformes elles-mêmes : vérification d’âge, pièce d’identité, consentement signé pour les shows en couple.
Pour démarrer proprement, quatre réflexes : immatriculez-vous avant les premiers versements, ouvrez un compte bancaire dédié, notez chaque encaissement avec sa date et la plateforme, et mettez de côté au moins 30 % de ce que vous recevez, puisque 25,6 % partent déjà en cotisations.
Ensuite, prenez un rendez-vous avec un comptable, vos relevés de plateforme en main, et posez-lui les deux questions qui changent tout : déclare-t-on le brut ou le net, et le régime micro est-il le bon pour votre niveau de charges.